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vendredi 3 juillet 2015

O+O de Paris 2015 revient à la Butte-aux-cailles

Re-voici le "Festival pluri-artistique et humain de la Butte-aux-cailles" (Paris 13e) avec encore plus d'artistes et d'arts.

Pour sa 5e édition, début septembre, Au + Haut de Paris accueillera comme d'habitude poésie, sculpture, arts de la rue, conte, peinture sonore, musique, joie de vivre, etc. 



 A quoi peut (doit) servir un festival ? 

La réponse, comme d'habitude est largement dans la question ou plus exactement dans la façon de la poser. 
Les questions sont toujours les mêmes. Depuis que l'homme peut (essayer de) penser, il tourne autour des mêmes rêves, désirs, problèmes et poils à gratter. 

Alors ce festival, il veut quoi ? 
Juste ça : 

Améliorer un moment la vie des gens.
Faire plaisir aux enfants et aux grands 
Ce genre de petites choses gratuites 
Ces choses immenses qui n'ont pas de prix
Et qui font reculer la bêtise, l'ignorance, les oeillères,
la pensée automatique, les armes de main et de bouche,
le coeur noir et l’égoïsme. 


Le thème de cette année ? 


Le voici : BRUIT DE PIERRE. 
Parmi la bonne quarantaine d'artistes présents cette année chacun fera de cette proposition ce qu'il voudra : du bruit ou du silence, une inspiration ou un prétexte, une aspiration ou un regret...  

L'important est que ce thème déclenche en chaque artiste le désir et la création afin de tisser le lien avec des promeneurs avides de beauté, d’étonnement et de ce pas de côté qu'ils viennent chercher ici. 

A part ça, on cherche en ce moment des bénévoles. Du genre sympa mais efficace. Faites savoir à ceux qui organisent cette édition : Isabelle Camarrieu, Dominique Guillerm, Svante Svahnström, Patience Tison.

Le rôle de la presse


Nous tenons à remercier le journal en ligne SORTIR A PARIS pour son article du 27 juin 2015. Mais voici précisément pourquoi. 


Il nous a fait chaud au cœur, non parce qu'il dit du bien de notre action mais parce qu'il ne se contente pas de reproduire une information envoyée comme une bouteille à la mer des media. 

Ce n'est pas une reprise servile d'un communiqué de presse mais une vraie prise de position journalistique assumée par quelqu'un qui a fait son travail. 

La journaliste Maylis C. - que nous ne connaissons pas, qui n'est ni notre cousine ni celle d'un ami d'un ami - est passée l'an dernier au festival. Elle s'est fait un jugement et elle le rapporte. Point. 
Certes, c'est le B-A BA qu'on apprend dans les écoles de journalisme mais la pression est telle aujourd'hui dans la presse que les jeunes qui en sortent ont un mal fou ensuite à le mettre en pratique.

Comme l'ensemble du monde dans lequel on nous fait vivre, les media sont des entreprises capitalistes classiques où le temps de travail de chaque action est mesuré et, comme on dit, optimisé.

Bien sûr nous avons vaguement voulu ou accepté ce monde-là mais c'est contre ce "optimisé" et tout ce qu'il véhicule que ce festival existe. 

Maintenant, chers amis artistes et festivaliers, si vous connaissez des journalistes ou blogueurs qui pourraient vouloir relayer, honnêtement ce qu'est ce festival et surtout pourquoi il se fait, quasiment sans moyens depuis 5 ans, n'hésitez pas à nous le dire. C'est le moment...

Informations pratiques
Métros : Corvisart / Place d'Italie
Les samedi 5 et dimanche 6 septembre 2015
Toutes les activités sont gratuites
Programme complet disponible prochainement ici et sur Facebook : https://www.facebook.com/AuPlusHautdeParis2015

AxoDom

mercredi 27 mai 2015

Une insurrection MAIS poétique, donc Akhmatova et Deluy

Une sorte de discussion était née autour du thème que le Printemps des Poètes s'était choisi pour 2015 : l'insurrection poétique


Précisons d'emblée que ce choix avait été arrêté dix mois plus tôt et ne devait donc rien à l'actualité sanglante qui nous a tous rendus Charlie. 
Mais cette maudite actualité a le funeste d'infléchir la lecture et, partant, la compréhension que nous avons du monde et même des mots (un comble !), ce qui entretient une terrible et permanente source d'erreur. D'où pas mal de confusions. 

18 ans en 1917 en Russie

Ainsi, alors que l'on célébrait en mars dernier l'insurrection poétique comme une fin en soi, il est fécond de se rapporter par exemple à l'œuvre mais aussi à la vie de la grande poétesse russe Anna Akhmatova (1889-1966).

Et tout d’abord, plutôt que d’affirmer de haut à quel point elle est grande, voici un seul vers d'elle qui espère  en convaincre. 


Evoquant Modigliani, elle écrivait : 
 « Il m’avait l’air enserré dans un cercle de solitude. »
Chez elle comme chez Modigliani, il y avait de l'insurrection poétique

Dans cette affaire, il est nécessaire d'éclairer un risque : celui que l'insurrection occultât la poésie. A plusieurs reprise Jean-Pierre Siméon l'a relevé, mais qui écoute réellement les poètes  ? 

Cette confusion est l'une des obsessions de Michel Deguy : distinguer le poétique de la poésie. Justifiée obsession. 

L'autre insurrection, la politique, celle qui n'a même pas besoin de qualificatif, Anna Akhmatova la connaît aussi. Elle avait 20 ans en 1919. Mais cela ne l'a pas empêchée de rester poète. La facette politique de son insurrection fut de rester. Quand d'autres émigraient pour échapper aux persécutions du pouvoir elle, simplement, restait. 

De ces dérives de l'esprit qui va trop vite et confond politique et poésie on peut, si on le veut, se prémunir.  

Comment ? 

Par exemple, aussi, en lisant avec ses propres yeux le recueil d'Henri Deluy : "Imprévisible passé", Préface de Christian Prigent, éd. Le Temps Des Cerises, 2012. Voir notule plus bas (1). 

Et en découvrant, avant cela, l'excellent article d'Yves Boudier sur le site de Pierre Le Pilouër, Sitaudis

Cela étant fait, on aura sûrement une appréhension différente de toute cette affaire d'insurrection poétique



(1) Imprévisible passé, la formule s'impose à Moscou au cours des années 1980. Elle désigne, dans la relative clarté d'une perestroïka vacillante, l'histoire rétrospective d'un stalinisme tentaculaire et sanglant. Ce qui, pour nombre d'entre nous, ne pouvait se croire, se penser, s'imaginer, et qui se découvrait dans les archives enfin ouvertes, dans les déclarations des victimes enfin entendues, dans les gestes enfin permis d'une vie quotidienne en mouvement. 
On trouvera ici les pages écrites au cours de nombreux voyages et séjours en URSS, en Chine et en Europe centrale; la beauté des paysages, les étapes du Transsibérien, le goût des nourritures, le borchtch, les malossols, le poulet à l'huître, la richesse des découvertes et des rencontres, le tragique des situations. Avec des traductions de poèmes de Marina Tsvétaïéva, Anna Akhmatova, Alexander Blok, Ossip Mandelstam, Vladimir Maïakovski.

dimanche 11 janvier 2015

Attenter à Charlie. Quel manque de poésie !

L'Institut du Monde Arabe (Paris).

Quelques jours après l'attentat contre Charlie Hebdo, le meurtre de la policière de Montrouge, l'assassinat du policier à vélo et la tuerie du supermarché juif de la Porte de Vincennes, la France se réveille avec un immense besoin de poésie. 


De pauvres garçons embrigadés et déguisés en commandos de jeux vidéo dans leurs panoplies de vengeurs de l’islamisme radical ont plaqué leurs rêves de pureté et de dignité sur de fausses représentations qu’on leur a mises dans la tête. Mais d'où sort ce "on" ? 

Quel con, ce « on » ! Pourquoi fait-il ça ? 

Qui tire les ficelles de ce con de "on" ? Qui fait croire à des jeunes une chose aussi bête et barbare que tuer des dessinateurs et des agents de la police municipale - et des juifs tant qu’on y est - serait glorieux et ferait plaisir à leur dieu ? Alors que nombre d'imams expliquent que l'islam est une religion de paix et d'harmonie. 

La réponse bien sûr est plus compliquée que la question mais, en attendant, il y a autre chose à dire que ce que répètent en boucle les politiques, les journalistes, les familles, les amis, les témoins, les experts. Quoi ? Eh bien, juste ceci : VRAIMENT, TOUT ÇA MANQUE DE POESIE. 

Oui, il faut l'affirmer haut et fort sans aucun sourire et sans une once d'ironie. 

Vraiment tout ça manque cruellement de poésie ! 

La poésie est ce qui élève l'être humain au-dessus des contingences de la vie matérielle, 
ce qui lui fait accéder à la beauté, à l'humour, à la générosité, au partage, à l'autre côté de la vie, à ce qui dépasse l'entendement et même à ce qui fait taire le raisonnement... 

La poésie est ce qui réduit toute opinion à sa juste place, toute petite place et pas plus grande que les autres.
La poésie c'est ce qui met le sens en apnée et ridiculise toute tentative d'avoir raison. 
C'est le calme de l'oeil fermé sur ce que la lumière ferait prendre pour du "réel". 
C'est  la cécité momentanée qui offre à l'homme la capacité de douter. 
C'est la possibilité d'être enfin sourd à toute conviction. 
C'est le détachement qui noie l'envie de convaincre qui que ce soit de quoi que ce soit. 
C'est tout le contraire du terrorisme qui veut imposer sa vérité à tous. 

Sans cesse le manque de poésie abîme le monde. Sans cesse le dogme de la concurrence pousse les uns contres autres. Sans cesse l'avidité productiviste, poussée par la folie de la croissance, pille les ressources du tiers monde. 

Et depuis si longtemps… On a parfois la tentation de lâcher la partie, de laisser aller et de s'en aller au ciel des agnostoïques dubitatifs. 

Mais non, on ne va pas laisser le terrain de jeu aux malappris, ils le saliraient. Les maladroits ne savent pas jouer sans tout casser.

Tout commence avec la langue

La violence et le sang naissent toujours dans la parole, hélas, comme l’amour et la sérénité. Tout ce que vit l’homme, il commence par le dire. Il imagine et il parle, avec ces mots qui sont son apanage, sa chance et sa malédiction.

Sachant que toute violence commence par la parole, pourquoi depuis des années laisser dire sans réagir dans des chansons de rap ou autre qu’il faudrait tuer des policiers ??? Et pourquoi suspecter de « retour à l’ordre moral » ceux qui s’indignent d’entendre ces horreurs ?


Si #JeSuisCharlie, si nous sommes tous Charlie. Disons le calmement, poliment et avec détermination. 
Reprenons possession du langage. Soyons clairs, réaffirmons la primauté de la correction, de la politesse, à tous les niveaux, de l'école à la rue. 
Apprenons à nous parler dans le respect, sans nous insulter, sans se lancer des grossièretés à la figure au moindre désaccord... Essayons même par exemple de ne pas nous couper la parole ! Ca n'a l'air de rien mais ce serait un bon début car c'est tout sauf facile. 

Aujourd'hui, on pleure dans la douceur d'une journée d'hiver ensoleillée. 
Demain il faudra reconstruire les digues, les ponts et les chemins.
Demain, il faudra se tendre la main. 

Demain, il faudra retrouver l'efficacité des armes secrètes de la poésie et la légèreté du mec sans pression lors de la #MarcheDu11Janvier : 



AxoDom
(réactions possibles aussi sur https://www.facebook.com/notes/axodom-guillerm/attentat-contre-charlie-quel-manque-de-poésie-/756230191135762)